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Nouveau Code électoral : Le MPP appelle ses adversaires à cesser la "manipulation stérile et puérile"

08 August 2018
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Le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP, parti au pouvoir) a animé dans la matinée de ce mardi, 7 août 2018 à son siège national, à Ouagadougou, une conférence de presse focalisée essentiellement sur le nouveau code électoral. Tout en réitérant le bien-fondé de ce nouvel instrument, le parti au pouvoir annonce des sorties d’explications au plan national et à l’extérieur pour « mettre fin à la désinformation » sur le sujet.

Selon le président par intérim du parti au pouvoir, Simon Compaoré, l’adoption du nouveau code électoral le 30 juillet 2018 est une victoire pour le MPP et ses alliés (partis de la majorité), la victoire de la démocratie pour le grand bon en avant en matière de droit de vote de l’ensemble des Burkinabè de l’extérieur. Une victoire "particulièrement dédiée" aux Burkinabè de la diaspora qui pourront enfin, se réjouit-il, exercer leur droit de citoyens en matière électorale au pays des hommes intègres. Dans la déclaration liminaire, le premier responsable du parti a rappelé que l’opérationalisation de ce vote était une promesse faite "par un grand leader" (Roch Kaboré, ndlr) qui respecte sa parole donnée. Il observe que le président Roch Kaboré a toujours prêté une oreille attentive aux préoccupations des Burkinabè ; tant de l’intérieur que de l’extérieur.

« L’option faite par le chef de l’Etat dans le dossier du vote des Burkinabè de l’étranger, a été l’inclusion totale. Il s’est agi, tout au long du processus, d’impliquer l’ensemble des acteurs concernés afin de rechercher le consensus », a-t-il affirmé avant de pousser loin. 
« L’opposition politique réunie au sein du CFOP (chef de file de l’opposition politique, ndlr)a même fait des propositions qui ont été prises en compte dans le dispositif final. Il s’agit par exemple de la prise en compte du passeport retenu comme l’un des documents électoraux pour les inscriptions et le vote. C’est avec étonnement que le MPP et ses alliés découvrent l’attitude ondoyante et versatile de l’opposition qui dit une chose aujourd’hui et l’inverse demain », a exposé M. Compaoré.

« Tous les spécialistes en matière de scrutins électoraux s’accordent sur un fait : il faut éviter la démultiplication des pièces éligibles pour le vote. Dans le cas précis de la diaspora de notre pays, seuls nos compatriotes de Côte d’Ivoire et du Gabon disposent de la consulaire biométrique », étaye le président par intérim du MPP.

A l’en croire, dans certains pays où résident les Burkinabè, les cartes consulaires sont délivrées manuellement avec tout ce que cela contient comme risques. « Que faire alors face à une diversité de la situations », interroge-t-il, affirmant que bon nombre de Burkinabè vivant notamment en Côte d’Ivoire affirment comprendre le choix porté sur la CNIB (carte nationale d’identité burkinabè) et le passeport. « Il fallait en pareille situation uniformiser les conditions pour aller au vote, car on ne cessera de le dire, tous les Burkinabè sont égaux devant la loi », relève Simon Compaoré, pour qui, cette uniformisation ne remet nullement en cause la validité de la carte, comme veulent le faire croire certains.

« Les tergiversations de nos adversaires relèvent de la politique politicienne. Le projet de loi a été soumis au vote de l’Assemblée nationale. Le résultat est clair : 82 voix pour et 44 abstentions, puisque l’opposition a quitté la salle avant le vote », rappelle-t-il. 
Pour Simon Compaoré, dans la gestion de ce dossier, la mauvaise foi de l’oppostion était manifeste, à l’image d’un danseur de tango « un pas en avant et un pas en arrière » en brandissant des arguments de repli tel le fichier électoral, les pièces d’inscription et de vote et les lieux de vote.

Le parti au pouvoir dit déplorer que certains partis politiques arborant fièrement le statut de chef de file de l’opposition se laissent manipuler par ceux qui ont causé du tort au peuple. « Soyons responsables. La diaspora burkinabè n’est l’apanage d’aucun parti politique. 
Toutes les sensibilités y sont représentées. En cas de vote, le peuple est souverain. Le MPP demande à ses adversaires de cesser cette manipulation stérile et puérile. La ficelle est assez grosse et en plus, elle est cousue en fil blanc », lance Simon Compaoré.

Sur la gestion du fichier électoral, le MPP estime qu’il est de bon aloi que l’ONI s’occupe conjointement avec la CENI, des inscriptions. Cette démarche donne, poursuit-il, de la clarté à l’opération et procède du souci de minimiser les coûts y afférents dans un souci d’économie budgétaire.

Au sujet des lieux de vote, il a rappelé que ce sont les enceintes des enceintes et consulats généraux qui sont prévues par la loi. « Pensez-vous qu’un pays peut mettre à la disposition du Burkina 3000 bureaux de vote sur toute l’étendue de son territoire pour permettre le vote d’une diaspora ? 
Le MPP veut aussi gagner les élections de 2020, mais pas à n’importe quel prix comme l’opposition qui veut le pousser dans l’impasse », soulève-t-il. Il note que voter dans les lieux prévus dans le code relève du domaine de la souveraineté que les cris d’orfraie de l’opposition ne pourront changer.

Le MPP pense que l’opposition s’est discréditée par les débats sur le code et se demande qui a vraiment peur du vote des Burkinabè de l’étranger. 
Désormais, et pour le parti au pouvoir et ses alliés, « il est nécessaire que des missions soient dépêchées dans les pays où vivent les Burkinabè pour faciliter, au maximum, la délivrance des documents pour participer au vote ». A deux ans des joutes électorales, ceux qui veulent vraiment voter ont largement le temps de s’organiser, pensent-ils.

« N’oublions pas également que de nombreux Burkinabè de la diaspora détiennent déjà des passeports et des CNIB. Voilà pourquoi, nous restons convaincus au MPP, que l’opposition dans ce dossier nous sert un film western de mauvaise qualité. Les téléspectateurs ont hâte de voir défiler le générique de fin pour vite quitter cette salle obscure aux odeurs nauséabondes », martèle Simon Compaoré. 
C’est pourquoi, et en réaction à une question relative à la volonté de l’opposition de faire plier l’échine, le premier responsable du parti au pouvoir brandit les règles qui régissent les contestations dans un État de droit. Pour lui, la loi étant votée, elle sera promulguée et appliquée à tous ; majorité, opposition, Burkinabè de la diaspora.

"Toute notre action est adossée à la république et celui qui veut nous faire reculer veut faire reculer la république et cela n’est pas possible", ajoute le secrétaire exécutif du MPP, Lassané Savadogo. Celui-ci revient également sur les efforts de concertations qui ont été initiées par le président du Faso en vue de trouver un consensus, mais que "certains" auraient confondu à un diktat de la minorité sur la majorité’’. 
Au MPP, l’on s’interroge de savoir pourquoi l’opposition n’accepte pas qu’on écarte la carte consulaire. Et ce d’autant que, poursuivent les dirigeants du parti, le porte-parole de l’opposition, Zéphirin Diabré, aurait fait la proposition de retenir la seule CNIB comme pièce de votation.

"Nous allons mettre fin à la désinformation par des sorties, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays", promet donc Simon Compaoré face à ce qu’il perçoit à demi-mot comme campagne de désinformation de l’opposition sur le nouveau code. " Ce n’est pas ceux qui parlent fort qui sont les plus nombreux et les plus forts ",convainc-t-il.
" Comme au Burkina Faso, il y a la liberté d’opiner, même si tu ne peux pas casser une calebasse, tu parles", déclare le principal intervenant à la conférence, M.Compaoré. 
Il retient que le MPP a vu pire que les "menaces" de l’opposition. D’où cet adage qu’il a lancé : "Le puits a bouffé plus qu’un vieux vélo. Pour Simon Compaoré, " l’opposition n’effraie donc pas ; individuellement comme collectivement prise".

En réponse également à une préoccupation relative à la débaptisation de l’hôpital national Blaise Compaoré, l’ancien maire de Ouagadougou,Simon Compaoré explique en substance :"Nous n’avons jamais dit que durant les 27 ans, rien n’a été fait. Ce n’est pas sorti de notre bouche. Mais nous avons mis le doigt sur ce qui a fini par être un gros problème pour la nation".

De son avis, ce qui est arrivé en octobre 2014 n’est pas arrivé en un seul jour, c’est un cumul de fautes qui n’ont pas été rectifiées, redressées. Pour lui donc, cet acte n’est pas, comme l’indique une certaine opinion, une volonté du pouvoir d’effacer les traces de l’ancien président. 
Il informe à cet effet que des ponts ont été débaptisés de grands noms ; pas parce que ces personnes (dont ces infrastructures portent le nom) n’ont rien fait, mais c’est plutôt "une marche de l’histoire". C’est pourquoi demande-t-il de ne pas en faire un problème.

Oumar L. Ouédraogo
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